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La mixité dans les loisirs sportifs

Depuis 2005, l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 mène une étude sur les équipements et espaces publics de loisirs des jeunes de l'agglomération bordelaise. Une enquête qui intègre, entre autre, la variable "sexe". Premiers résultats.



Constat 1 :
Comme sur l'ensemble du territoire, il apparaît que les filles sont 2 fois moins nombreuses (35%) que les garçons (65%) à pratiquer une activité sportives, toutes disciplines et communes confondues. Un écart qui s'accentue quand l'offre sportive émane plus du secteur associatif que de la municipalité. D'autre part, il y a 3 fois plus de licenciés dans les sports exclusivement masculins que dans les sports exclusivement féminins.

=> A partir du collège, les pratiques sportives séparent les sexes. Les jeunes, plus autonomes dans leurs pratiques, s'adressent  alors à des clubs spécialisés qui proposent des activités majoritairement dédiées aux garçons.
Ainsi, l
a nature de l'offre sportive à partir du collège augmenterait l'inégalité des pratiques et l'hégémonie des garçons dans l'espace public. 


Constat 2 :
Dès l'école primaire, les stéréotypes de sexes pèsent fortement dans la pratique d'une activité sportive. Parents et enfants peuvent voir dans le choix de tel ou tel loisir une détermination de l'identité sexuée du jeune. Dans cette veine, les garçons sont incités à pratiquer une activité valorisant la force, l'agressivité, le collectif et l'occupation physique de l'espace. Les filles, quand à elles, sont orientées vers des activités privilégiant la grâce, la sensibilité, l'effacement et l'espace fermé ou privé.

=> La pratique d'activités sportives ou artistiques mixtes n'est pas encouragée par notre société et aucun espace n'est aménagé pour les jeunes ne souhaitant pas suivre les stéréotypes de sexe. Les stéréotypes renforcent donc l'hégémonie des garçons dans les pratiques sportives et l'espace public.


Constat 3 : 
L'essentiel de l'offre publique de loisirs sportifs, pour les 14 - 18 ans, s'adresse aux garçons et en particulier à ceux qui appartiennent à des catégories censées troubler l'ordre public (politiques de prévention). Ainsi, les équipements d'accès libres sont explicitement conçus pour canaliser la violence des jeunes dans des activités sportives libres ou des dispositifs tels que Ville Vie Vacances. Il n'existe pas de proposition publique équivalente pour les filles. 

=> Les études menées sur les groupes de jeunes garçons fréquentant ces équipements montrent que leur socialisation dans les espaces publics par le sport et les cultures urbaines produit l'effet inverse de celui escompté en valorisant les conduites violentes, le sexisme et l'homophobie.  D'autre part, les chercheurs pensent que cette éducation différenciée  des garçons et des filles à l'usage de l'espace public favorise l'hégémonie masculine dans la ville et l'insécurité ressentie par les femmes.

Entre offre sportive incomplètes, stéréotypes de sexe et politique de la ville à contre effet, la mixité filles/garçons dans les loisirs sportifs ne peut être atteinte sans une réflexion et des actions menées par les villes. 

Source : La Lettre de l'Economie du Sport - N° 1054


Jeudi 16 Février 2012
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