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Sport et intégration, une combinaison qui ne prend pas toujours

L’Agence pour l’éducation par le sport livrait en janvier dernier un rapport sur l’impact des clubs sportifs dans les Zones Urbaines Sensibles en matière d'intégration ou d'éducation*… Une étude inquiétante qui tend à démonter un mythe de l'intégration par le sport. En effet, même si le sport associatif continue de jouer un rôle essentiel du « vivre ensemble », notamment dans les quartiers prioritaires, quel est son bénéfice réel en matière d'éducation.



A la lumière de leur analyse, les auteurs ont pu constater des effets sociaux du sport inégaux, qui se révèlent autour de 4 idées fortes :

 

1)    Le sport, et les vertus qu’il véhicule ne solutionneront pas seul le mal-être des banlieux. En effet, élus et dirigeants ont tendance à soutenir que la pratique en club permet de socialiser et d’intégrer les jeunes les plus en difficultés… or la réalité est plus complexe… En effet, une bonne intégration et éducation au sein du club nécessitent une pédagogie adaptée, un espace démocratique, un projet éducatif, un suivi des jeunes…

 

2)    Il existe une grande disparité quant à l’engagement des clubs dans les quartiers auprès des habitants. Ainsi, si certaines structures proposent des services spécifiques aux résidants, d’autres ne se soucient pas de leurs difficultés… Des structures qui se font rare en ZUS.

 

3)    Il y a de moins en moins de bénévoles dans les quartiers pour une amplification des contraintes bureaucratiques. En effet, entre tensions et lassitude face aux taches administratives, les départs se multiplient.

 

4)    Enfin, dernier point, les clubs manquent de reconnaissance de la part des pouvoirs publics... Éducateurs et dirigeants souhaiteraient être davantage reconnus et soutenus dans leur engagement socio-éducatif quotidien… un soutien qui se refléterait aussi dans l’allocation des subventions aux clubs.

 

Ainsi , selon Vincent Jarousseau, Maire adjoint du 14ème à Paris « même si les effets de la pratique sportive sont loin d’être négligeables, ils dépendent du contexte de leur organisation, des caractéristiques et des compétences de ceux qui les mettent en œuvre. Sans réelle volonté publique, le transfert des vertus supposées du sport à d’autres domaines de la vie sociale est davantage de l’ordre des représentations que des réalités. »

Face à ce constat, l’Agence pour l’éducation préconise l’institution d’un pacte civique du sport  dans les ZUS, c’est-à-dire que les territoires (région, département, ville…) réunissent les différents acteurs du sports afin de définir les priorités éducatives et citoyennes. D’autre part, à l’occasion de la présentation du document au sénat, le ministre de la ville, Maurice Leroy, à réaffirmé « l’engagement du gouvernement en faveur du développement du sport dans les quartiers » en vantant les valeurs du sport mais aussi son rôle intégrateur et éducatif.

* "Les clubs sportifs dans les zones urbaines sensibles : des lieux d’intégration et d’éducation ? Janvier 2011 - Rapport Final Les ressorts des innovations sociales dans les clubs sportifs dans les zones urbaines sensibles : approches systémique et critique


Jeudi 17 Février 2011
Julie Mourrier
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